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TROISIÈME
CIRCULAIRE POUR LES TEMPS DU CARÊME ET DE PÂQUES DE L'AN 2004 PAX Voici briller un temps de grâce : (Hymne Nunc tempus acceptabile du Xème siècle ) Chères Sœurs, Nous entrons de nouveau dans les jours saints qui nous conduisent au centre, à la source et au point culminant de toute l'année liturgique et de la vie chrétienne : le Mystère Pascal de Jésus-Christ. Dans le document Paschalis Sollemnitatis [=PS] sur la célébration de Pâques et sa préparation, cela est très bien exprimé : De même que le dimanche constitue le commencement et le sommet de la semaine, avec toujours une note pascale, de même le Triduum pascal de la Passion et de la Résurrection du Seigneur brille-t-il comme le sommet de toute l'année liturgique; préparé par le temps du Carême, il se prolonge dans la joie durant cinquante jours. (PS 2). "Pascha Mysterium" : c'est le titre connu d'un concept clé de la Constitution sur la Liturgie, Sacrosanctum Concilium [=SC], dont l’Eglise a célébré le jubilé des 40 ans, le 4 décembre 2003. Ce concept Mysterium Paschale qui a sa source chez les Pères de l’Eglise et a acquis une nouvelle importance théologique par la "Théologie des Mystères" de Dom Odo CASEL (+1948), bénédictin de Maria Laach, est une synthèse de la bienheureuse passion, de la résurrection du séjour des morts et de la glorieuse ascension de notre Seigneur Jésus-Christ (v. SC 5). C'est le noyau central de l’Évangile et par cela nécessairement le cœur de la célébration de notre foi chrétienne. Devant la place centrale du Mystère Pascal dans l’année liturgique, on peut comprendre que l’église ait commencé dès le IVeme siècle à préparer la "Fête des Fêtes", Pâques, par un temps préparatoire de quarante jours (le Carême), en tirant ce chiffre 40 de la Bible, plus spécialement à travers les 40 jours de jeûne de Jésus au désert (cf.. Mc., 1,13 ; Mt., 4,2 ; Lc., 4,1). Selon la tradition de l’église, le Carême (Quadragesima) a une double mission et le Concile Vatican II y fait clairement référence : Le double caractère du temps du Carême, à savoir que, surtout par la commémoration ou la préparation du baptême et par la pénitence, il invite plus instamment les fidèles à écouter la parole de Dieu et à vaquer à la prière, et les dispose ainsi à célébrer te mystère pascal, ce double caractère, aussi bien dans la liturgie que dans la catéchèse liturgique, sera mis plus pleinement en lumière (SC 109). Pénitence, conversion, metanoia et baptême (son souvenir et sa préparation) sont pour cela aussi deux guides importants et des thèmes de la liturgie et des textes bibliques de ce temps de préparation à Pâques. Ils apparaissent surtout dans le nouvel ordre des péricopes qui repose sur la valeur de la pratique du baptême chrétien et de la pénitence chez les premiers chrétiens. Depuis la dernière réforme liturgique nous avons maintenant pour chaque jour du temps du carême et du temps pascal des péricopes bibliques propres, les lectures étant choisies en correspondance avec l’évangile. Les textes employés sont exclusivement tirés de l’Ancien testament, ce qui trouve sa correspondance en temps pascal durant lequel on prend uniquement des lectures du Nouveau testament. À partir du lundi de la quatrième semaine du Carême on lit chaque jour, en considération de la fête de Pâques qui approche, un passage choisi des chapitres 4 à 11 de l’Évangile selon Saint Jean. Pour le reste, la lecture de Paschalis Sollemnitatis est recommandée. La pratique pastorale conseille aux messes quotidiennes des féries de Carême, une courte homélie (cf. P.S. n° 13), dans laquelle il est opportun de mettre l'accent sur cette relation entre les lectures. Diverses images expressives indiquent comment il faut comprendre les quarante jours du Carême dans leur ensemble : chemin, traversée du désert ou sortie vers la pâque. "Printemps de l’année de liturgique", et "Exercices de toute l’Église" etc. Une fois, le liturgiste Theodor Schnitzler (+1982) a comparé le temps des quarante jours avec les basiliques antiques. Le Mercredi des Cendres est la porte d'entrée, les cinq dimanches et semaines correspondent à la nef de l'Eglise. Le Dimanche des Rameaux, nous entrons dans le chœur, et pendant les trois jours de Pâques nous sommes introduits dans le Saint des saints, c'est à dire dans la communion avec l’autel. Dans ma circulaire précédente (n.2) je me suis concentré avant tout sur le Carême comme temps de préparation et de pénitence et j’ai rappelé quelques règles liturgiques de base dont j'aimerai encore parler brièvement pour en faire ressortir leur importance : 1. Les textes liturgiques propres du Carême ont la priorité sur les autres.
En outre j’avais attiré l’attention sur la tradition monastique pleine de sens de distribuer des livres pour le Carême, comme le prévoit la règle de St. Benoît au début du Carême (RB 48,15) et comme l’a mis en pratique la tradition de notre Ordre dès le début. Aussi, dans cette circulaire, j'aimerais dire quelque chose sur la Célébration de la Semaine Sainte et du Triduum pascal (mais sans la Nuit Pascale ni le jour de Pâques, pour que la lettre ne soit pas trop longue !). On le trouvera également dans le document publié par la Congrégation du Culte divin Paschalis Sollemnitatis. Sur la célébration de Pâques et sa préparation, du 16 janvier 1988. Ce document contient de précieuses indications théologiques et pratiques. En ce qui concerne la liturgie de l’Ordre pour ces jours qui sont les plus importants de l’année liturgique, il est préférable d'utiliser les livres de la liturgie romaine ou au moins de s’en inspirer pour voir quels éléments de notre ancienne liturgie peuvent être intégrés, surtout lorsqu'il s’agit des célébrations auxquelles participent des fidèles et des hôtes. Chaque monastère est dans une situation différente. Mais je veux signaler que le Rituale Cisterciense (Bernardus Verlag Langwaden 1998), p. 44 – 84, décrit la célébration du dimanche des Rameaux et du Triduum pascal reposant sur notre tradition propre, comme telle elle a été approuvée par la Congrégation du Culte divin en 1973/1975 pour les Cisterciens de la Stricte Observance. Étant donné que dans notre Ordre il y a de plus en plus de communautés petites et vieillissantes, je me demande si ces communautés ne pourraient pas s'interroger sur l'utilité de ce qui est écrit au n°43 de Paschalis Sollemnitatis, c'est à dire : Il est bon que les petites communautés religieuses … participent aux célébrations du Triduum pascal dans une autre église importante. I. La Semaine Sainte et LE TRIDUUM PASCAL Pendant la Semaine Sainte ou Grande Semaine, en allemand « Karwoche » (du vieux mot allemand Kara : tristesse, deuil), l’Église célèbre les mystères du salut, que le Christ a accomplis pendant les derniers jours de sa vie, à partir de son entrée messianique à Jérusalem (PS 27). 1. Dimanche des Rameaux (Dimanche de la Passion) Le Dimanche des Rameaux dont la désignation officielle est Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur ("Dominica in Palmis de Passione Domini") est la porte d'entrée dans la Semaine Sainte et il lie depuis les temps les plus anciens la célébration anticipée du réel triomphe du Christ (première partie) à l'annonce de sa passion (deuxième partie) (PS 28). Le Dimanche de la Passion au sens propre n’est plus le cinquième dimanche du Carême, mais le Dimanche des Rameaux ! Sa liturgie commence par la bénédiction des rameaux et la procession. a) Célébration de l’entrée du Christ à Jérusalem Pour commémorer l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, le Missel Romain prévoit trois formes : Première forme : La Procession. Le très ancien principe d'une véritable procession est qu'elle débute à un endroit différent de l’endroit où l’on célèbrera ensuite l'Eucharistie. C’est pourquoi cette forme est la plus idéale des trois possibilités. Dans le Missel on lit : Au moment fixé la communauté se rassemble dans une église du voisinage ou à un autre endroit convenable hors de l’église qui est le but de la procession. C’est pourquoi, dans certains monastères, la Liturgie du Dimanche des Rameaux commence par exemple dans la salle du chapitre et se poursuit dans le cloître jusqu'à l’église (cf. Rituale Cisterciense, p. 44.51). Deuxième forme : l'Entrée solennelle. Les fidèles se rassemblent avec des rameaux à la main devant la porte d'entrée de l’église ou dans l’église même, ou à un autre endroit convenable, en dehors de l'église. Après la bénédiction des rameaux et la proclamation de l’Évangile, le Prêtre avec ses assistants et les fidèles va solennellement à travers l’église jusqu'au presbytère. Sous cette forme ce n’est pas une procession au sens strict, mais une entrée solennelle. Troisième forme : l'Entrée simple. Cette forme très simple, sans bénédiction des rameaux, n’est rien d’autre que l’entrée habituelle du prêtre pour commencer la Messe, on y chante ou récite le chant d’entrée qui convient. La tradition propre de l’Ordre, selon laquelle la bénédiction des rameaux et la procession commence dans l’église, est justifiable, même si la première forme décrite plus revêt davantage de sens. D’après le Missel Romain on bénit les rameaux déjà distribués – autrefois c’était différent (Les fidèles portent les rameaux dans leurs mains). Les anciens chants cisterciens pour la procession sont toujours très appropriés, avant tout l’hymne Gloria laus et honor de Théodulphe d’Orléans (+821) et les antiennes Ave, Rex noster qui ont été introduites dans la liturgie du dimanche des Rameaux au Xème siècle (un chant de louange au Seigneur crucifié). Le dernier chant : Ingrediente Domino peut servir à l’entrée dans l’église comme introduction (Introitus) à la célébration de l’Eucharistie. Le Kyrie eleison n’étant pas un chant de pénitence – contrairement à une opinion assez courante – mais un chant de louange, le Nouveau Missel Romain de 2000-2002 recommande de le chanter le dimanche des Rameaux, après l’entrée solennelle (ce qui signifie, avant la prière d'ouverture du jour). b) Proclamation de la Passion Depuis la réforme liturgique, le dimanche des Rameaux, on lit la Passion selon les évangélistes Matthieu ou Marc ou Luc, suivant l’année en cours. Par la manière de répartir les rôles de la lecture de la Passion (Christ, évangéliste et peuple), son récit est rendu plus vivant et reste mieux gravé dans la mémoire. Les normes liturgiques réservent le rôle du Christ au prêtre (PS 33). Pour cette proclamation on n’utilise évidemment ni cierges, ni encens, il n'y a pas de salutation de l'assemblée ni de signation de l'évangéliaire (PS 33). Les directives des livres liturgiques prévoient qu'on doit faire une (courte) homélie après la Passion (PS 34), surtout si des fidèles participent à la messe du monastère. c) La Liturgie des Heures du Dimanche des Rameaux. Comme le dimanche des Rameaux est estimé comme « Dimanche de la Passion » depuis la réforme liturgique, on chante les hymnes classiques de la Passion de Venance Fortunat (+après 600) : "Pange, lingua, gloriosi", "Lustris sex qui iam peractis" et "Vexilla Regis prodeunt" à partir des premières Vêpres du dimanche des Rameaux. En tout cas, c'est ce qui est prévu dans le livre officiel de la Liturgie des Heures de l'Eglise, où il y a toutefois une petite rubrique qui dit: Les jours de la cinquième semaine du Carême on peut prendre pour les vigiles, laudes et vêpres les hymnes de la Semaine Sainte. LE TRIDUUM PASCAL Le Document Paschalis Sollemnitatis, au numéro 38, donne pour ces jours une introduction théologique dense : L'Église célèbre chaque année les plus grands mystères de la Rédemption des hommes depuis le Jeudi-Saint à la messe du soir en mémoire de la Cène du Seigneur jusqu'aux vêpres du dimanche de la Résurrection. Ce temps est nommé à juste raison « Triduum du Christ crucifié, enseveli et ressuscité » ; on l'appelle mieux encore « Triduum pascal » parce qu'en lui est représenté et s'accomplit le mystère de Pâques, c'est-à-dire le passage du Seigneur de ce monde à son Père. En célébrant ce mystère par les signes de la liturgie et les sacramentaux, l'Église s'unit au Christ, son Époux, dans une intime communion. 2. LE JEUDI SAINT Ce jour, selon la tradition a plusieurs noms : Le Grand Jeudi ou Le Jeudi Saint et dans les livres liturgiques de l’Église il est appelé : Feria Quinta in Cena Domini. En allemand on appelle ce jour le Gründonnderstag, le mot grün = vert étant dérivé de l’ancien greinen : pleurer. C’était le jeudi des larmes, le jour où les pénitents publics pleuraient de pénitence et de joie lorsqu'ils étaient à nouveau accueillis dans la communauté de l’Église par l’Évêque. Par cette Messe de la dernière Cène, les quarante jours de pénitence avant Pâques arrivent à leur fin et le Triduum Pascal commence officiellement. Cela veut dire concrètement que La Liturgie des Heures jusqu’à la messe du soir est encore celle du Carême ou plutôt de la Semaine Sainte. C'est pourquoi les Lamentations et l'Office des Ténèbres ont leur place strictement le Vendredi Saint et le Samedi Saint (PS. 40), même si, dans certains nouveaux Livres d'Heures, elles commencent déjà le Jeudi Saint, comme avant. [Le sens de l'Office des Ténèbres dans les monastères de langue allemande est expliqué dans le livre édité par l’abbaye bénédictine Münsterschwarzach : Trauermetten in der Karwoche, Freiburg-Münsterschwarzach 1980 (extrait de : Antiphonale zum Stundenbuch) ainsi que dans Werkbuch zum Gotteslob, vol 2, 209-216 et le Munchner Kantorale]. a) Le lavement des pieds Le Jeudi Saint, dans la tradition, est lié au lavement des pieds qui a ses racines dans la pratique du baptême des premiers chrétiens et dans la liturgie monastique domestique. La Règle de notre Père Saint Benoît, par exemple, connaît le lavement des pieds hebdomadaire, le samedi quand les frères finissent leur service du réfectoire (RB., 35,9) et aussi le lavement des pieds que font l’Abbé et les frères lorsque des hôtes arrivent au monastère (RB.,53,13). Surtout pour les moines en voyage, le lavement des pieds était considéré comme un sacrement, Saint Bernard au XIIème siècle le jugeait ouvertement encore tel. Le Jeudi Saint, le Lavement des pieds reçoit une profonde signification théologique que l’Église compare au service d'amour du Rédempteur qui a lavé les pieds de ses disciples et leur a donné comme commandement, à cause de cela, le Lavement des pieds appelé aussi Mandatum : Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. 15 C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous. (Jn., 13,14-15 = Évangile de la Messe du soir). Dans notre Ordre, depuis les origines jusqu'à une époque récente existait la tradition de laver les pieds aux pauvres l’après-midi du Jeudi Saint dans la salle du Chapitre ou dans le cloître (au début après None, plus tard après la Messe) et de laver les pieds des moines, convers et novices, avant la lecture de Complies ou collation. (cf. la description très précise dans Ecclesiastica Officia du XIIème siècle, chapitre 21 ; et dans le Rituale Cisterciense [ancien] livre III, chap. 21). Après le lavement des pieds des pauvres chacun des moines devait donner une pièce de monnaie à chaque pauvre ! Depuis le renouveau de la Semaine Sainte (1955) le lavement des pieds a sa place dans la Liturgie Romaine après l’Évangile. Il est aussi prévu dans les livres liturgiques les plus récents. Le lavement des pieds a toute sa signification quand on peut le faire à ce moment (cf. Rituale Cisterciense, Langwaden 1998, p. 55). Pourtant le lavement des pieds ne se fait pas pour répéter la scène biblique (le chiffre douze n’est pas obligatoire !), mais il doit être, suivant l’exemple du Christ, le service d'amour de la charité. En ce qui concerne les chants pendant le Lavement des pieds on peut utiliser en toute tranquillité ceux de notre tradition, mais en considérant le choix et les indications du Missel Romain. De toute façon le lavement des pieds est de circonstance le Jeudi Saint en raison de sa signification profonde, qu’il soit accompli d’après la tradition de l’Ordre hors de la messe du soir, ou qu’il soit accompli d’après le modèle de la Liturgie Romaine pendant l’Eucharistie. Dans l’Ordre on conserve encore la tradition de lire le chapitre 13 de l’Évangile selon Saint Jean sur le lavement des pieds. Si l’on a déjà lu Jn.,13,1-15 pendant le Lavement des pieds avant la messe du soir, on peut prendre l’Évangile selon Saint Luc 22,24-30 pendant la messe du soir (cf. Rituale Cisterciense, Langwaden 1998, p. 55). b) La Messe de la dernière Cène La lettre Paschalis Sollemnitatis introduit dans le contenu de cette célébration par les paroles suivantes : Avec la messe qui se célèbre le soir du jeudi de la Semaine sainte, l'Église commence le Triduum pascal et s'applique à rappeler la dernière Cène, au cours de laquelle le Seigneur Jésus, la nuit même où il fut livré, aimant jusqu'au bout les siens qui étaient dans le monde, offrit à Dieu son Père son Corps et son Sang sous les espèces du pain et du vin, les donna à ses apôtres en nourriture et leur ordonna, à eux et à leurs successeurs dans le sacerdoce, de les offrir (PS.44). Toute l'attention doit se tourner vers les mystères qui sont au plus haut degré rappelés dans cette messe : l'institution de l'Eucharistie, l'institution de l'Ordre sacerdotal et le commandement de la charité fraternelle. L'homélie doit mettre ces points en lumière. (PS.45). Pour la célébration de la messe du soir, je renvoie au Missel Romain et au Rituale Cisterciense (Langwaden 1998, p. 54-58) et j’attire l’attention seulement sur quelques aspects particuliers. La Messe est évidemment célébrée le soir, à l’heure la plus favorable (PS. 46). Les traditions les plus anciennes de l’église interdisent toute messe sans fidèles le Jeudi Saint (PS. 47). Le tabernacle doit être complètement vide avant la célébration. Les hosties pour la communion de la communauté monastique et des fidèles doivent être consacrées pendant cette messe du soir, les hosties consacrées doivent être prévues en nombre suffisant en vue aussi de la communion du Vendredi Saint (PS.48). Comme il est de tradition dans l’Ordre, les cloches sonnent pendant le Gloria de la messe du soir jusqu’au Domine Deus, Rex caelestis et elles se taisent ensuite jusqu’au Gloria de la Nuit Pascale (PS.50). Après la conclusion de la prière de la célébration de l’Eucharistie, on fait une procession pour conduire le très Saint Sacrement à travers l’église au lieu du reposoir. En ce qui concerne ce lieu de la réserve Eucharistique, des normes sont en vigueur, et elles ont pour fin de rendre compréhensible sa signification théologique et pratique : Pour conserver le Saint-Sacrement, on prépare une chapelle, convenablement décorée pour inviter à la prière et à la méditation ; on recommande fortement une austérité en accord avec la liturgie de ces jours, en évitant ou en supprimant les abus sur ce point. Quand le tabernacle est placé ordinairement dans une chapelle distincte de la nef de l'église, il est bon d'en faire le lieu de la reposition et de l'adoration. (PS.49). Le Saint-Sacrement est déposé dans un tabernacle ou un coffret que l'on tient fermé. Il n'est jamais permis d'en faire l'exposition dans un ostensoir. Le tabernacle ou le coffret ne doit pas avoir la forme d'un tombeau, et on évitera l'expression même de « tombeau » : la chapelle du reposoir n'est pas préparée « en vue de la sépulture du Seigneur » mais pour garder le pain eucharistique en vue de la communion du Vendredi-Saint.(PS.55). Pourtant il faut prendre note que cette « tombe sainte » a dans certaines régions une longue tradition bien ancrée. Suivant les circonstances le lieu du reposoir pourrait être par exemple la salle du chapitre, surtout quand il y a un autel. La tradition liturgique prévoit une veille nocturne devant le Saint Sacrement (« l’heure du mont des oliviers ») qu’on peut, par exemple joindre aux Complies. Après la messe de la Cène du Seigneur, les fidèles seront invités à poursuivre l'adoration dans l'église devant le Saint-Sacrement, qui y est conservé ce jour-là solennellement. Selon l'opportunité, pendant que se prolonge l'adoration eucharistique, on peut lire une partie de l'Évangile selon saint Jean (ch. 13-17). Après minuit, l'adoration se fait sans solennité ni apparat, puisque commence le jour de la Passion du Seigneur (PS.56). Après la célébration de la Messe du soir on dépouille l’autel, ce qui au Moyen-Âge revêtait une forme dramatique. A l'origine on dénudait toujours les autels après la célébration liturgique, mais on donnait une signification particulière à cette action le Jeudi Saint : on la comprenait comme un signe de deuil parce qu’on avait dépouillé le Seigneur de ses vêtements. Les normes liturgiques disent ce qui suit : Après la messe, on dépouille l'autel. Il est bon que les croix dans l'église soient recouvertes d'un voile rouge ou violet, si elles ne sont pas déjà voilées depuis le samedi avant le 5e dimanche de Carême. On n'allumera pas de lampes devant les images des saints.(PS.57). 3. LE VENDREDI SAINT 4. LE SAMEDI SAINT 5. LA LITURGIE DES HEURES DU TRIDUUM PASCAL II. Informations 1. NOUVELLES FÊTES DES SAINTS (DANS LE « DIRECTORIUM ») Vous avez peut être remarqué qu’il y a des nouvelles fêtes des Saints dans l'Ordinis Cisterciensis Directorium Divini Officii 2003/2004 et il convient d’utiliser pour ces fêtes et pour d’autres plus anciennes les textes latins propres publiés en annexe (p. 118-156) (la compétence pour la traduction des ces textes appropriés revient aux Conférences épiscopales régionales). Toutes ces nouvelles mémoires sont citées dans l’édition récente du Missale Romanum (Editio typica tertia, 2002), par conséquent dans le calendrier de l’Église universelle, et donc également dans notre calendrier. Ces nouvelles mémoires, facultatives sauf une, sont :
1.
Le Très Saint Nom de Jésus, le 3 janvier. L’ancienne fête du 2e
dimanche après l’Épiphanie a été réintroduite, mais réduite à une Memoria
ad libitum. [cf. Les nouveaux Saints, dans : Gottesdienst 38 (2004), cahier 2, p.14] 2. LES 40 ANS DE LA CONSTITUTION LITURGIQUE « SACROSANCTUM CONCILIUM » |
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