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Lettre
circulaire (7) du secrétaire du Secrétariat o.cist. pour la liturgie
PAX
“Prépare,
Sion, ta chambre nuptiale, reçois ton roi qui vient à toi :
Chères
sœurs, Comme l'annonce la citation liturgique, je vous écris cette lettre circulaire à l'occasion de la belle fête de la Présentation du Seigneur le 2 février. Elle fait partie de ces grandes fêtes de l'Église qui sont nées autrefois dans l'Orient chrétien et qui contiennent en soi une teneur multiple à la fois théologique et spirituelle. Comme on le sait, la fête est célébrée le quarantième jour après Noël. Même si, depuis la dernière réforme liturgique de l'Église, elle ne représente plus officiellement la fin du temps de Noël – la fin du temps de Noël est depuis lors la fête du Baptême du Seigneur – elle a cependant un lien significatif avec Noël et quelques livres de liturgie en parlent comme étant encore la dernière fête du cycle de l'Épiphanie ou des célébrations de Noël. Pour saisir le contenu et le sens de la fête du 2 février dans toute sa signification, on doit absolument savoir quelque chose sur sa naissance et sur son développement historique, au moins dans les grandes lignes. 1. La naissance et l'histoire de la célébration de la Présentation du Seigneur 1.1 La célébration de la rencontre de Jésus avec le vieillard Siméon (et la Prophétesse Anne) Nous trouvons le témoignage le plus ancien et le plus sûr de la célébration de la présentation du Seigneur dans le carnet de voyage de la célèbre religieuse Egérie qui l'a écrit à l'occasion de son pèlerinage en Terre Sainte dans les années 381 à 384. Elle y donne l'information que, à Jérusalem le "quarantième jour après l'Epiphanie" (à Jérusalem c'était la célébration de la naissance du Christ), c'est-à-dire le 14 février, en souvenir de la présentation de Jésus au temple, avait lieu un office pontifical solennel, avec une procession d'entrée dans l'église de la Résurrection (Anastasis). Ici, la religieuse constate et remarque qu'en ce jour, les "saints Mystères" ont été célébrés avec la "même joie que Pâques". Dès le début, les événements de Luc 2, 22-39 (évangile du jour) sont au centre de cette célébration. De Jérusalem, la célébration se répand dans tout l'Orient vers la fin du 5ème siècle et le début du 6ème siècle. A Constantinople, à Byzance, elle a été probablement introduite autour des années 534/542 par l'empereur Justinien Ier (+ 565), et il est certain que c’est lui qui l’a fixée au 2 février, le quarantième jour après Noël. Il est question d'une procession des cierges seulement vers le milieu du 5ème siècle, par exemple chez saint Cyrille d'Alexandrie (+ 444) qui demandait aux fidèles dans un sermon : Célébrons le mystère de ce jour avec éclat, avec nos lumières rayonnantes. De même, un sermon contemporain de Jérusalem dit : Resplendissons, et alors nos lumières brilleront. En tant qu'enfants de la lumière nous offrons les cierges de la lumière véritable qu'est le Christ. En Orient, au plus tard au 6ème siècle, la célébration du 2 février a reçu le beau nom d’ "Hypapante" : "rencontre", allusion à la rencontre de Jésus avec le juste vieillard Siméon et la prophétesse Anne. Ce jour de fête s’est introduit à Rome tout d'abord sous le nom de "Hypapante", entré dans les liturgies ecclésiastiques sous le pape Serge I (+ 701), qui était d'origine syriaco-italienne et qui accueillit dans la liturgie romaine les principales fêtes mariales. Au premier plan, il y avait la procession du matin du 2 février dans Rome, depuis l'église d'Adrien jusqu’à la basilique Sainte Marie Majeure. Qu'elle ait eu à Rome un caractère de pénitence, comme le montre le fait d'être vêtu de noir puis plus tard (jusqu'en 1960!) de violet, doit provenir de l’ancienne coutume d'une procession païenne de purification (procession lustrale, amburbale = procession autour de la ville, en latin) habituelle au début de février à Rome. 1.2. La fête de la Purification de Marie (Purificatio B.M.V.) Depuis Rome, la célébration est arrivée au 8/9ème siècle dans la région gallo-franque, où la célébration initiale du Christ est de plus en plus fortement devenue une célébration de Marie, "la fête de la purification de Marie". Cet aspect a aussi en effet son fondement dans l'Evangile de la fête, avec l'indication expresse dans Luc 2, 22.24 sur la disposition vétéro-testamentaire selon laquelle une femme devait être purifiée quarante jours après la naissance d'un enfant, temps pendant lequel elle était considérée comme "impure" pour le culte, en apportant au prêtre un mouton d'un an comme offrande pour le sacrifice et un jeune pigeon ou un couple de tourterelles comme offrande pour le péché. Des personnes pauvres – comme Marie et Joseph – pouvaient apporter un couple de tourterelles ou deux jeunes pigeons au lieu d'un mouton (cf. Lv 12, 2-4.6-8). La date de la célébration du 2 février, précisément quarante jours après Noël, est donnée ainsi par cette coutume juive. Selon Luc 2, 23, les parents de Jésus accomplissaient encore une autre loi juive en se rendant au Temple de Jérusalem, à savoir qu'à la naissance d’un premier-né masculin, l'enfant devait être consacré au Seigneur et pour cette raison être "racheté" (cf. Ex 13, 1-2.13-16). Jusqu'à la dernière réforme liturgique, le 2 février était considéré dans la liturgie romaine sur cet arrière-plan biblico-judaïque comme une fête de Marie, principalement dans la Liturgie des heures et s'appelait jusqu'en 1970 (1960) : "Fête de la Purification de Marie". 1.3 La Fête de Marie, Chandeleur (Candelmas, Candelore, Lichtmess) Il est fait mention depuis le milieu du 5ème siècle d'une procession des cierges le 2 février, si bien que les cierges et leur bénédiction ont pris de plus en plus d'importance. Dans les livres de la liturgie romano-franque des 9ème et 10ème siècles, il est question de la distribution et de la bénédiction des cierges. La bénédiction des cierges devient réellement tangible seulement au 10ème siècle, à Rome même seulement au 12ème siècle. Le peuple attribua de plus en plus à ces cierges bénits des forces contre le démon, forces efficaces, et il attendait d'eux l'aide dans toutes les demandes et détresses (par exemple à l'occasion des orages, des épidémies, à l'heure de la mort). À cause de la bénédiction des cierges pour l'utilisation liturgique et privée et à cause de la célébration de la lumière, la célébration du 2 février a pris également le nom de "Mariä Lichtmess" dans les pays germaniques, à partir du 10ème siècle, nom qui a alors aussi été repris par d'autres langues ("Candlemas", "Candelore", "Chandeleur"). La thématique de la lumière est également indiquée dans l'évangile de la fête, lorsque le vieillard Siméon fait l'éloge de l'enfant Jésus qu'il porte dans ses bras comme "lumière qui illumine les nations, et gloire du peuple d'Israël" (Luc 2, 32). Tout naturellement, ce texte est devenu un chant pour la procession du 2 février : Lumen ad revelationem gentium.... Les titres traditionnels venus de l'histoire de la célébration disent ainsi quelque chose sur le contenu et le sens de la célébration du 2 février : fête de la présentation de Jésus au temple, fête de la rencontre de Jésus avec le vieillard Siméon et la prophétesse Anne, fête de la purification de Marie, Chandeleur de Marie. Dans la liturgie syriaque occidentale, la fête était aussi appelée "entrée du Seigneur dans le temple" (cf. la lecture de Mal 3, 1-4) et "fête de saint Siméon" (Dies ou Natale sancti Simeonis). 1.4 Fête de la Présentation du Seigneur Dans un retour aux origines historiques et aux fondements bibliques, la réforme liturgique a de nouveau fait de la fête de Marie une fête du Seigneur après le deuxième Concile du Vatican (1962-1965). Depuis la parution du missel romain de 1970, la célébration du 2 février porte en effet le titre officiel de "Présentation du Seigneur" (In Praesentatione Domini) et est ainsi de nouveau, comme à l’origine, une fête du Seigneur, une fête du Christ, même si c'est avec une composante fortement mariale. Ce "nouvel" aspect s'exprime clairement maintenant aussi dans les textes liturgiques renouvelés de la bénédiction des cierges, de la procession, de la messe et de la prière des heures. 2. La célébration de la fête de la Présentation du Seigneur La liturgie traditionnelle de notre Ordre pour le 2 février a également été marquée trop unilatéralement de façon mariale. C'est pourquoi la plupart de nos monastères ont pris à juste titre les textes et les rites revus par la réforme liturgique de l'Eglise, ou du moins les ont adaptés. Notre Directorium donne quelques instructions sur la façon de célébrer la fête dans l’esprit de l'Eglise. Les indications succinctes du Directorium doivent être expliquées un peu plus en détail ci-après. 2.1 Le texte de la Liturgie des Heures Depuis la réforme liturgique, la Liturgia horarum romaine a ses propres hymnes le 2 février et non plus les hymnes classiques à la Mère de Dieu. Ce sont : a) l'hymne des Vêpres Quod chorus vatum venerandus olim (attribué à Raban Maur [+ 856]), b) l'hymne des Vigiles (Office des Lectures) Legis sacratae sanctis caeremoniis (attribué à Paulin II d'Aquilée [+ 802]) et c) l'hymne des Laudes Adorna, Sion, thalamum (Pierre Abélard [+ 1142]). Qui cherche le texte et la mélodie de ces "nouveaux" hymnes latins, comme d'ailleurs aussi d'autres textes latins de la Liturgie des heures, peut les trouver par exemple dans le "Bréviaire de Heiligenkreuz" et/ou dans l'hymnaire de Heiligenkreuz. La liturgie romaine n'a plus les antiennes de la liturgie de la Mère de Dieu, en particulier aux Vêpres et aux Vigiles (Office des Lectures), mais des antiennes propres qui correspondent mieux à la célébration de la Présentation du Seigneur. Cela vaut aussi pour les lectures des différentes Heures. En outre, il est intéressant de savoir que le 2 février, quelques cantiques, également dans notre ancienne liturgie cistercienne, proviennent de la liturgie byzantine et ont été traduits en latin probablement par le pape SERGIUS I [+ 701], par exemple Responsum accepit, Obtulerunt pro eo et surtout le magnifique Adorna thalamum. 2.2 Les deux formes solennelles de la bénédiction des cierges et de la procession La réforme liturgique a aussi fortement révisé la première partie de la liturgie de la messe du 2 février, à savoir la bénédiction des cierges et la procession. De même qu'au Dimanche des Rameaux (cf. circulaire 3 pour le temps du Carême et le temps pascal 2004) le missel romain prévoit pour cela deux formes de célébration possibles : Première forme : avec une procession. Le très ancien principe d'une vraie procession est qu'elle commence à un lieu différent du lieu où sera par la suite célébrée la sainte Eucharistie. C'est pourquoi cette première forme est la plus idéale. Dans le missel, il est dit : La communauté se rassemble dans une église secondaire, avec une chapelle ou un autre lieu approprié, à partir duquel la procession doit se faire vers l'église. Les fidèles tiennent en main des cierges non allumés. Dans nos monastères, le lieu de rassemblement pourrait être par exemple la salle du Chapitre, ce qui se fait effectivement en beaucoup d'endroits. Après la salutation par l'abbé (le prêtre), revêtu de la chasuble blanche ou du manteau (pluvial) blanc, les cierges sont allumés (ce qui est nouveau !) pendant le chant de l’antienne "Voici le Seigneur" (Ecce Dominus noster) ou d’un autre chant qui convienne. En de nombreux endroits, on allume les cierges à la flamme du cierge pascal. Après l'introduction sur le sens de la fête, le prêtre bénit les cierges des participants à la célébration (qui brûlent déjà !) et les cierges qui serviront à l'usage liturgique de l'année. Au lieu des cinq anciennes prières de bénédiction, le missel n'offre plus que deux prières au choix, et notre Rituale Cisterciense de 1998 encore une troisième (de notre Liturgie propre). Ces nouvelles prières n'ont plus le caractère exorciste et pénitentiel des anciennes, mais se réfèrent au mystère de la fête de la Présentation de Jésus au temple et au sens de la lumière dans la fête. Nos vieux chants de procession devraient également être adaptés à la liturgie romaine. Le Missale Romanum de 2002 mentionne encore l’antienne Adorna thalamum qui se trouve aussi dans notre Processionale Cisterciense. A l'entrée dans l'église, on chante l'introït de la Messe Suscepimus ou un autre cantique approprié. La célébration de l'Eucharistie commence tout de suite avec le Gloria : acte de pénitence et Kyrie (qui en réalité n'est pas un élément de pénitence et pourrait donc être chanté !) sont ainsi supprimés. Deuxième forme : avec une entrée solennelle. Le missel décrit ainsi cette forme de célébration simplifiée : Les fidèles se rassemblent dans l'église. Ils tiennent en main des cierges non allumés. Le prêtre se rend, habillé en ornements blancs, avec les servants et un représentant de la communauté à un lieu approprié à l'entrée ou dans l'église, qui rend possible au moins à une grande partie des fidèles de participer à la célébration. Aussitôt que le prêtre est venu à la place prévue pour la bénédiction des cierges, les cierges sont allumés. Entre-temps, on chante "Voici le Seigneur" (Ecce Dominus noster) ou un autre chant qui convienne. Le prêtre salue la communauté et l'introduit dans la célébration. Alors, il bénit les cierges... Durant l'avancée vers le lieu où se trouve l'autel, on chante. La célébration de l'Eucharistie commence alors avec le Gloria. 2.3 L Au plus tard depuis le Rituale Cisterciense de 1689 la coutume dans notre Ordre est de tenir les cierges allumés en main au moment de l'évangile. Selon une autre belle coutume de notre Ordre, pleine de sens et attestée depuis le 12ème siècle, les cierges sont apportés à l'abbé (au prêtre) au moment de l'offertoire. Ainsi, nous lisons dans les Ecclesiastica Officia, les us cisterciens du 12ème siècle, au chapitre 47 : L'abbé [qui a donné auparavant son cierge au sacristain] vient... au degré du presbytère et les autres [la communauté et les fidèles] apportent leur cierge, en commençant par les plus anciens... Le sacristain et son aide reçoivent les cierges de la main de l'abbé et les éteignent. Ensuite, l'abbé revient à l'autel. Dans la liturgie actuelle, l'abbé habituellement est entouré de ses assistants auxquels il fait passer les cierges offerts. Ils apportent les cierges en premier. Lorsque les cierges sont apportés, l'orgue peut ou bien l'on peut chanter l'offertoire, auquel cas l'offertoire pour la dédicace de l'église conviendrait particulièrement : Domine Deus, in simplicitate cordis mei. L'expérience montre que ce rite fait une grande impression sur les fidèles présents. . Dans la pratique de nombreux monastères les cierges ne sont pas éteints lors de l'offrande, mais mis dans un récipient rempli de sable ou dans un support avec des trous et restent alors à brûler jusqu'à la conclusion de la messe, de sorte qu'on peut vraiment parler d'une "Messe de la lumière" ("Chandeleur"). Depuis que le 2 février est devenu journée mondiale de la vie consacrée, ce rite d'apporter les cierges a encore pris de l'importance, car il nous donne la possibilité de renouveler intérieurement notre profession par ce geste. 2.4 L Selon une antique coutume, on chante à la fin des vêpres l'antienne Alma Redemptoris Mater depuis le commencement de l'Avent jusqu'au 2 février (pour cette antienne, cf. la circulaire 1 pour l'Avent 2002). Puisque le 2 février est une fête du Seigneur, elle est aussi chantée en ce jour et pour la dernière fois. À partir du 3 février jusqu'à Pâques (Semaine Sainte), on chante habituellement l'antienne Ave, Regina caelorum (cf. notre Directorium) ou une autre antienne à Marie. 3. Le 2 février : journée mondiale de la vie consacrée Depuis 1997, à l'incitation et selon la disposition du pape Jean-Paul II [+ 2005], le 2 février est aussi journée mondiale de la vie consacrée. De cette façon, le jour de la fête de la Présentation du Seigneur a reçu une dimension tout à fait nouvelle. Tout à fait à part du fait que le mystère de la fête du 2 février a une relation très étroite avec la profession religieuse, le pape a choisi ce jour comme « journée mondiale des religieux », en raison de la coutume dans la liturgie pontificale du 2 février de placer les religieux particulièrement à l’honneur pour remettre au pape un grand cierge. Ce jour-là, les femmes et les hommes qui se sont décidés pour une vie à la suite du Christ dans la vie consacrée à Dieu, doivent prendre conscience de façon particulière de leur promesse et rendre plus vivant leur don au Christ. Dans l'Eglise entière, ce jour veut aussi approfondir et encourager la connaissance et l'estime de la vie consacrée chez les chrétiennes et les chrétiens. Le grand modèle des consacrés à Dieu est le Christ qui est présenté dans le temple, mais également les personnes remplies de l'Esprit-Saint, témoins de l’événement : le pieux et juste Siméon et la prophétesse très âgée Anne, qui se tenait dans le temple constamment et servait jour et nuit le Seigneur dans le jeûne et la prière (Luc 2, 37). Elle est presque le prototype de la femme contemplative. Précisément à cause de tout cela, il n'est pas opportun le 2 février de lire la lecture brève de l'évangile (Luc 2, 22-32), dans laquelle Anne n'apparaît pas, mais il convient de prendre l'évangile de la fête (Luc 2, 22-40) dans sa totalité. 4. Le cantique Nunc dimittis à Complies Un texte de la fête de la Présentation du Seigneur tiré de l'évangile de Luc a reçu un rôle et une importance tout à fait particuliers dans l'histoire de la liturgie. C'est le chant de louange ou Cantique de Siméon : "Maintenant, Seigneur" le Nunc dimittis (Luc 2, 29-32). On trouve déjà un témoignage de ce "chant nocturne de la contemplation du Salut et de l'accomplissement de la vie" vers les années 380/400 comme élément de l'Office divin du soir. Aux Complies de la Liturgie des Heures romaine, le chant de louange de Siméon est pour ainsi dire le sommet de la prière du soir. La Règle de saint Benoît et donc toute la tradition cistercienne ne connaissent pas le Nunc dimittis comme chant de Complies (à la différence des Bénédictins). Les monastères de notre Ordre qui suivent le "Livre d'Heures monastique" ou la Liturgia horarum romaine, ont toutefois pris ce Cantique traditionnel aux Complies depuis la réforme liturgique. Une autre variante serait, comme par exemple à Hauterive, de prendre le Nunc dimittis comme lecture brève (Capitulum) aux Complies. 5. Pour un contenu théologique de la fête de la Présentation du Seigneur Comme nous l'avons déjà vu avec l'aperçu historique de la naissance et du développement de la célébration du 2 février jusqu'à la réforme liturgique, sa teneur théologique et spirituelle est multiple et riche. Cela s'exprime déjà dans les différents titres de la fête. En particulier l'introduction du Célébrant au commencement de la célébration de la lumière et les préfaces du jour donnent un résumé excellent et concis du contenu de la célébration. Voici le texte de l'introduction proposé par le missel romain : Frères bien-aimés, il y a quarante jours, nous célébrions dans la joie la Nativité du Seigneur. Voici maintenant arrivé le jour où Jésus fut présenté au Temple par Marie et Joseph : il se conformait ainsi à la loi du Seigneur, mais, en vérité, il venait à la rencontre du peuple des croyants. En effet, le vieillard Siméon et la prophétesse Anne étaient venus au Temple, sous l'impulsion de l'Esprit Saint ; éclairés par ce même Esprit, ils reconnurent leur Seigneur dans le petit enfant et ils l'annoncèrent à tous avec enthousiasme. Il en va de même pour nous : rassemblés par l'Esprit, nous allons nous mettre en marche vers la maison du Seigneur à la rencontre du Christ : nous le trouverons, et nous le reconnaîtrons à la fraction du pain en attendant sa venue dans la gloire. La pensée principale de la préface est celle-ci: ...Car aujourd'hui, la Mère virginale a porté ton Fils éternel au Temple ; Siméon, éclairé par l'Esprit le désigne comme la gloire de ton peuple Israël et la lumière des nations. Joyeux nous aussi d'aller à la rencontre du Sauveur, nous te chantons avec les anges et tous les saints… Un développement visuel de la Présentation du Seigneur est offert par la merveilleuse icône de ce jour de fête dans l'église d'Orient, dans laquelle la célébration est née. Elle est tout à fait concentrée sur l'essentiel : la Présentation de Jésus au Temple. Les sermons donnés par nos auteurs cisterciens pour la fête de la « Purification de Marie » peuvent aussi nous donner des impulsions spirituelles, particulièrement ceux du bienheureux Guerric d'Igny [+ 1157] et ceux de saint Bernard de Clairvaux [+ 1153] où, comme on le sait, dans les sermons 2 et 3, il prend la bénédiction des cierges, la procession de la lumière et la marche au moment de l'offrande comme image pour la vie communautaire et l'actualise aussi dans ce sens. INFORMATIONS Comme toujours, je voudrais conclure ma lettre circulaire par quelques communications actuelles. D'autres informations suivront dans ma prochaine circulaire. 1. Le nouveau secrétariat pour la liturgie de l'Ordre cistercien Dans ma 5ème circulaire pour le Carême et le temps pascal 2006, j'ai déjà fait un rapport détaillé sur ce nouveau secrétariat qui a été mis en place par le Chapitre Général de l'année 2005 avec un statut correspondant et qui a remplacé la grande commission liturgique de l'Ordre qui avait vu le jour en 1933. Conformément à ce statut de 2005, la tâche du premier synode de l'ordre qui succède au Chapitre Général de l'Ordre est de choisir les membres du secrétariat : un secrétaire (une secrétaire) et deux assistants (assistantes). Cela s'est maintenant passé au synode qui a eu lieu du 25 au 28 septembre 2007 à Rome. Le synode a choisi le 28 septembre comme Secrétaire, P. Alberich M. Altermatt, d’Hauterive-Eschenbach (secrétaire depuis 1976 et depuis 1993 Président de la Commission liturgique) et comme assistants, Fr. Xavier Guanter, de Poblet (Directoriste de l'Ordre) et Fr. Isaia Gazzola, de Lérins (Professeur de liturgie à l'“Institut Supérieur de liturgie“ de Paris). Nous devons maintenant nous organiser pour coordonner notre travail. 2. Changement d’adresse du site pour la Liturgie Depuis quelques mois la Liturgie est transférée du site internet de l'Ordre à un site propre. Il est disponible directement par un lien en première page du site de l'Ordre et son adresse est : www.ocist.net./liturgy/ Ce site qui est toujours en évolution est pris en charge par Sr Michaëla Arnaud, de Boulaur, que nous remercions tout à fait cordialement pour ce service précieux. Elle reçoit toujours aussi volontiers des suggestions. A l'adresse Internet indiquée, on peut s'informer rapidement sur la Liturgie en général et la Liturgie de l'Ordre. On y trouve aussi les circulaires liturgiques du secrétaire publiées jusqu'à présent dans les différentes langues. 3. Edition latine du „Bréviaire de saint Etienne“ („The Primitive Cistercian Breviary“) de 1131 environ. Après une histoire mouvementée, l'édition du "Bréviaire de saint Etienne" qui a été découvert au début de la deuxième guerre mondiale à Berlin par le P. Konrad Koch [+ 1955], est achevée et publiée. À l'occasion de la publication de cette édition longtemps attendue, a eu lieu le 19 mai 2007 dans la salle du chapitre de l'ancien monastère de Wettingen (Suisse) une célébration organisée par l'Abbé Président Dom Kassian Lauterer, de Mehrerau, et par le Professeur Martin Klöckener, de l'Université de Fribourg. Après les travaux préparatoires de P. Konrad Koch, de P. Bruno Griesser [+ 1965] (Mehrerau), de l'Abbé Kassian Lauterer et de P. Alberich M. Altermatt, le P. Chrysogonus Waddell ocso, moine de l'abbaye de Gethsemani (U.S.A.) qui est connu pour plusieurs éditions de sources cisterciennes, a renouvelé complètement et achevé l'édition du « Bréviaire de saint Etienne » sur la base de ses recherches et découvertes. Il était présent lors de la présentation de livre le 19 mai avec son Prieur Gerlac à Wettingen (il a malheureusement eu entre-temps une attaque d'apoplexie et sa santé en a été beaucoup affectée). L'édition de 720 pages est sortie dans la série scientifique de liturgie bien connue "Spicilegium Friburgense" (Fribourg) comme volume 44. Grâce au concours financier de la Congrégation de Mehrerau et des abbés trappistes de Gethsemani et de Scourmont (Belgique), le volume a pu paraître sans trop de problèmes. Le "Bréviaire de saint Etienne" (ainsi nommé par P. Konrad Koch), auquel le P. Chrysogonus Waddell donne maintenant le titre de "The Primitive Cistercian Breviary", date d'environ 1131. Il est non seulement le témoin le plus ancien de la liturgie cistercienne des premiers temps, mais aussi un des premiers témoins de la naissance du bréviaire comme type de livre. Cette édition a donc une certaine importance dans l'histoire de la liturgie. La prise en considération (dans l'appareil critique) de la deuxième réforme liturgique nommée "bernardine" dans l'Ordre (Recensio II) est très précieuse et l'on a un bon aperçu du développement de la liturgie cistercienne au 12ème siècle en considérant que la réforme liturgique "bernardine" a des conséquences jusqu'au 20ème siècle, et en partie jusqu'à aujourd'hui. Le "Bréviaire de saint Etienne" a d'ailleurs été une source importante pour le renouvellement de notre Liturgie après Vatican II (par exemple pour la Liturgie à Hauterive et à Heiligenkreuz). Voici les indications bibliographiques concernant l'édition : Chrysogone WADDELL, The Primitive Cistercian Breviary (Bibliothèque nationale de Berlin, Fonds culturel prusse, Ms. Lat. Oct. 402) with Variants from the „Bernardine“ Cistercian Breviary, Freiburg (Schweiz): Academic Press 2007 (=Spicilegium Friburgense 44). Prix: 80 Euro (125 Fr Suisse). 4. L Au cours de l'année dernière – ainsi que la Lettre apostolique du Motu Proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007 dont je m'occuperai dans la prochaine circulaire – est sorti ce document romain très important pour la liturgie. Il s'agit du document pontifical de conclusion à la 11ème assemblée plénière ordinaire du synode des évêque qui a eu lieu du 2 au 23 octobre 2005 au Vatican, et son thème était justement la sainte Eucharistie. Ce document est organisé en 3 parties : "l'Eucharistie, mystère à croire" (I), "l'Eucharistie, mystère à célébrer" (II) et "l'Eucharistie, mystère à vivre" (III) ; c'est une grande synthèse de théologie, de spiritualité et de pratique de la sainte Eucharistie. En particulier, la 2ème partie est consacrée à la pratique de la célébration de la sainte Eucharistie et rappelle quelques instructions et principes liturgiques qu'on pourrait avoir oubliés en partie – également dans nos communautés. Dans la 3ème partie le n° 81 traite de "l'Eucharistie et la vie consacrée à Dieu". Du reste, cette année, la douzième assemblée plénière ordinaire du synode d'évêques siégera à Rome, sur un thème qui se rattache au dernier synode, à savoir : "La parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Eglise". Bien plus tôt que d'autres années, les quarante jours de pénitence avant Pâques (Quadragesime), commencent en cette année 2008 le 6 février. Pour le contenu liturgique et spirituel du Temps du Carême et de Pâques, je renvoie à mes lettres circulaires 2 (2003), 3 (2004) et 5 (2006). Avec mes vœux de bénédiction pour la fête de la Présentation du Seigneur et pour le temps de Carême qui approche, je vous salue tous, chères sœurs et frères. Votre Monastère d'Eschenbach (Suisse), janvier 2008 |
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